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Le 4 décembre 2018, le créateur de bandes dessinées, Jean Harambat a fait une intervention dans le cours de Littérature et Société des secondes.

Jean Harambat est un landais, né dans le village de Benquet. Il a été au lycée à Duruy. C’est quelqu’un qui se qualifie comme « paresseux » et qui aime les sujets historiques. Dans sa jeunesse, Jean Harambat faisait du rugby. Son envie de dessiner remonte à la maternelle « lorsque tous les garçons voulaient devenir motards, moi, je voulais être dessinateur ». Dans son enfance, ce sont Tintin de Hergé et Corto Maltese de Hugo Pratt qui ont influencé son choix de devenir dessinateur. Ces albums étaient les lectures de ses frères puis les siennes.

C’est dans les années 2000 qu’il commence à faire des reportages illustrés, après sa rencontre avec Titouan Lamazou, marin ayant écrit des carnets de voyage. Il rencontre ensuite Yves Harté, journaliste à Sud Ouest, qui lui permet de publier dans ce journal pour des reportages illustrés puis pour sa première BD : Les invisibles.

En général, pour publier une bande dessinée, il faut compter entre 2 et 3 ans de travail.

Jean Harambat utilise plusieurs techniques pour illustrer ses histoires. Pour « Les Invisibles » il a utilisé la mine graphite pour marquer le côté révolte au 17ème siècle en Chalosse. Sa technique de dessin s’adapte en fonction du sujet. Pour « En même temps que la jeunesse » (titre inspiré par un poème d’Hemingway « Along with youth » parlant de sa jeunesse), il utilise des couleurs pour parler de ses voyages et des matchs de rugby.

Pour réaliser son travail, il lui arrive de devoir voyager comme pour « Ulysse ». Pour ce projet, il a obtenu une bourse pour aller en Grèce et traiter le sujet.

D’autres de ses œuvres traitent de sujets historiques, de manière détournée, comme pour « Hermiston » (qui est un roman de RL Stevenson) ou encore « Opération Copperhead » qui est une comédie d’espionnage mettant en scène David Niven et Peter Ustinov.

Pour faire une planche, plusieurs étapes se succèdent. Il commence tout d’abord par un premier crayonné avec ses premières idées de dessin, retranscrites sans trop réfléchir. Il réalise ensuite une 2ème crayonné qui donne déjà un aperçu du rendu final. Il réalise ensuite l’encrage à la plume avec de l’encre de chine diluée à l’eau pour avoir plusieurs nuances de gris. Enfin, il peut faire appel à un coloriste de BD qui va numériser la planche et y ajouter des couleurs par ordinateur.

Pour trouver l’inspiration, il utilise ses souvenirs personnels, ses lectures, ses études ou encore le cinéma. Il va approfondir le sujet par ses recherches pour finalement élaborer une histoire. Il nous a montré un exemple : une planche avec une histoire de pêche inspirée du « nature writing ».

C’est aussi grâce à des rencontres avec des auteurs comme Sir Quentin Blake qu’il a pu évoluer dans le milieu de la BD. Ce milieu étant frappé d’une surproduction, chaque livre doit avoir une idée frappante et originale pour convaincre tout en gardant la touche personnelle de son créateur. Il faut proposer un livre qui se distingue.

Jean Harambat est aujourd’hui l’invité d’honneur du prochain Festival de BD d’Angoulême en janvier prochain où nous allons pouvoir le retrouver !

Lucie Chesneaux, 2de 2